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Un surdoué, enfant ou adulte, manifeste des capacités intellectuelles très supérieures à la moyenne. Comment savoir si l'on est surdoué ? Nous faisons le point.

Surdouement : repérer les signes

Un adulte surdoué a été un enfant surdoué. Cela peut avoir été diagnostiqué ou non. Un certain nombre de parents réalisent qu’ils sont surdoués après avoir fait tester leur enfant.

Souvent, cela les rassure, ils peuvent enfin mettre des mots sur ce qu’ils ressentent depuis leur plus jeune âge, et peuvent enfin réussir à s’accepter comme ils sont en réalisant les atouts de leur différence.

Une personne surdouée :

  • comprend très vite, peut tenir des raisonnements très poussés ;
  • s'ennuie facilement au travail et en collectivité si elle n’est pas suffisamment stimulée intellectuellement ;
  • n’est pas forcément une ancienne bonne élève ; de nombreux enfants surdoués sont d’ailleurs en échec scolaire, l’école n’étant souvent pas très adaptée à leur mode de fonctionnement et à leur besoin de stimulation ;
  • ne réfléchit pas comme les autres ; elle prend souvent les problèmes autrement, elle peut donc se sentir exclue au travail comme en famille car les autres ne comprennent pas ses raisonnements, ses méthodes de travail, sa sensibilité aigüe et son mode de fonctionnement ;
  • est plus sujette aux troubles de l'attention, aux dyspraxies, dyslexies.

Les surdoués sont souvent des êtres hypersensibles, c’est cette sensibilité accrue qui rend leur potentiel si grand. Mais certains adultes n’ayant pas été suffisamment accueillis dans leur spécificité et compris dans l’enfance, peuvent s’être totalement fermés, au point de faire preuve d’une absence totale de sensibilité. Ces adultes surdoués se sont renfermés dans l’intellect pour se protéger d’une hypersensibilité envahissante.

Adulte surdoué : comment mesurer sa surdouance ?

Les psychologues du monde entier s'accordent en règle générale à considérer qu'au-delà de deux écarts-types par rapport à la moyenne (qui est de 100 sur l'échelle de Weschler - c'est-à-dire à partir de 130) il y a "surdouement" (aussi appelé "douance" ou "surdouance").

Certains, comme les psychologues Jean-Charles TERRASSIER (qui a mis en évidence le syndrome de dyssynchronie) ou encore Arielle ADDA, le situent à 125, et non à 130.

Il faut toutefois différencier une personne brillante d'une personne surdouée :

  • Une réussite professionnelle et scolaire n'est pas nécessairement le signe d’un surdouement. Elle peut être le fruit d'un travail intensif et/ou d’une pression parentale très forte pendant l’enfance et l’adolescence.
  • Certains adultes surdoués ont le sentiment d’être en échec professionnel, comme ils ont pu être en échec scolaire, parce qu’ils ne se sentent pas à leur place dans le système méritocratique et hiérarchique encore dominant à l’heure actuelle.  

Mode de fonctionnement d'un adulte surdoué

Avant toute chose, il pense vite : le flux d’informations entre les neurones peut atteindre 3,5 mètres par seconde contre 2 mètres par seconde chez un individu normal :

  • Cet hyperfonctionnement peut conduire à une hyperactivité et à des troubles de l’attention, qu’on rassemble sous le vocable de THADA.
  • Ensuite il adopte un « traitement multispacial » de l’information. Pour traiter une information, son cerveau active plusieurs zones simultanément quand les autres individus traitent les informations dans des zones bien localisées en fonction des besoins.
  • Les cinq sens suralimentent le cerveau d’informations sensorielles, il est donc plus difficile de se focaliser sur la bonne information, ce qui peut faire saturer le cerveau qui n’est plus capable de filtrer et différencier les informations tant elles arrivent au cerveau avec intensité.
  • Cette hypersensibilité innée peut conduire à une hyperesthésie qui est une sensibilité exacerbée des sens (la personne ressent les stimuli extérieurs plus intensément). Le bruit assourdit, les couleurs sautent aux yeux, les odeurs dérangent, etc.
  • Cette hypersensibilité peut aussi donner lieu à des synesthésies. La synesthésie est la capacité de « lire » le stimulus adressé à l'un des 5 sens grâce à un autre sens, comme goûter la musique, sentir le bruit, voir la couleur d’une note de musique ou d’un jour de la semaine. Oliver Sacks a très bien décrit ces phénomènes.
  • Les surdoués, adultes ou enfants, ont souvent un cerveau droit (celui de l’intuition et de la créativité) plus actif que les autres. Ils pensent de manière globale, avec une pensée en arborescence, qui peut défier la logique du cerveau gauche.
  • C’est d’autant plus vrai quand la personne est gauchère, elle a encore plus tendance à utiliser son cerveau droit, la route serait plus directe affirment certains chercheurs. Le problème, c’est que le cerveau droit ne sait pas bien faire la part des choses et prendre du recul : c’est le cerveau gauche analytique qui sait faire cela.
  • La pensée en arborescence, qui est un mode de fonctionnement par association d’idées, peut paraître désorganisée car elle n’est pas linéaire et purement logique. En revanche, elle est parfaitement adaptée aux logiques comme le mindmapping et tous les processus créatifs.

Surdouance et bonheur : est-ce possible ?

De nombreux surdoués sont malheureux, se sentent incompris et en inadéquation avec le monde dans lequel ils vivent. Il leur est nécessaire de prendre conscience de leur différence pour en faire un atout plutôt qu’un défaut :

  • Capitaliser sur le potentiel offert par sa sensibilité exacerbée plutôt que d’essayer de la refouler est une première étape. Cette sensibilité peut leur permettre de comprendre les autres et le monde, comprendre leurs besoins et prendre les bonnes décisions.
  • Choisir son métier et son environnement de travail en fonction de cette connaissance de soi est primordial : il est normal de s'ennuyer dans des métiers peu créatifs et répétitifs quand on est surdoué.

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